Le président américain à Cuba le 21 mars

Des deux côtés du détroit de Floride, à 160 kilomètres de distance à peine, un même sujet de conversation: la visite que Barack Obama doit effectuer à La Havane les 21 et 22 mars prochains. «Nous allons vivre un moment historique. Je n’aurais jamais cru voir cela de mon vivant. On a rendez-vous avec l’histoire», se réjouit Bert Medina, né à Cuba en 1962.

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À l’âge de 7 ans, il a quitté l’île pour Miami. Chemin classique de l’exil avec son cortège de tragédies, d’amertumes et de souvenirs. Comme beaucoup en Floride, il garde au frigo une bouteille de Champagne qu’il ouvrira, me dit-il, «le jour de la mort de Fidel Castro». En attendant, il regarde d’un œil sincèrement ému, l’histoire en marche. Obama à Cuba! Air Force One sur le tarmac de l’aéroport José Martí de la Havane! Obama sur le Malécon! Il a de la peine à y croire et à retenir ses larmes.

«Un moment incroyable»

Je le rencontre dans les studios de WPLG Local 10, l’antenne d’ABC en Floride du Sud, à une vingtaine de kilomètres de Miami, à Pembroke Park, près de Fort Lauderdale. Medina est le président de cette chaîne de télévision, l’une des principales de Floride. Elle émet en anglais, en direction d’une population largement latino –c’est-à-dire surtout cubaine. Près de deux millions de cubains-américains vivent aujourd’hui aux États-Unis.

«Nous arriverons à La Havane le 17 mars, un peu à l’avance. On va faire des reportages en amont pour suivre la préparation de la visite à Cuba; et à partir de l’arrivée d’Obama le 21 mars, on sera en direct, pratiquement 24 heures sur 24», m’explique Calvin Hughes, l’un des présentateurs vedettes de WPLG, que j’interroge dans la newsroom de la chaîne. Il fera partie de l’équipe de sept personnes envoyées à Cuba. 

epuis qu’il a pris la tête de cette importante chaîne américaine, Bert Medina a fait le choix de couvrir Cuba –ce que peu de médias américains font. «Bert a voulu qu’on retourne à Cuba dès 2012 et depuis on y va régulièrement», me dit Bill Pohovey, le directeur de la rédaction de WPLG Local 10. Des équipes ont été envoyées «Coast to Coast» pour de longs reportages de terrain, loin des préjugés anti-castristes des Cubains de Miami. La chaîne a également multiplié les directs depuis La Havane, notamment pour les voyages du Pape François et du Secrétaire d’État américain John Kerry en 2015.

Slate