Le G20 sur fond de ralentissement de l’économie mondiale

Le G20 Finances se tiendra du 25 au 27 février à Shanghai en Chine, dans un contexte de fortes inquiétudes suscitées par l’économie mondiale, sur fond de ralentissement chinois et de décrochage des autres pays émergents.

L’Economiste / Les participants auront ainsi  l’occasion d’échanger sur la situation économique mondiale et les réponses de politique économique adaptées. La coordination internationale face à des mouvements de capitaux, la lutte contre le financement du terrorisme, la mise en œuvre effective des progrès obtenus en matière de coopération fiscale seront aussi à l’ordre du jour. Sans oublier la mobilisation des financements verts et des financements climatiques.

L’économie mondiale connaît une croissance molle. Elle s’était établie à 3,1% en 2015 et elle devrait être légèrement supérieure à 3% cette année et un peu plus élevée en 2017. «Cette croissance est molle, parce que la reprise que nous voyons aux Etats-Unis, en Europe et aussi un peu au Japon pourrait être plus forte», a indiqué Christine Lagarde reconduite pour 5 ans à la tête du FMI. Certaines économies émergentes ralentissent délibérément, à l’instar de la Chine, d’autres sont dans une position plutôt faible, comme la Russie, le Brésil ou l’Afrique du Sud. «Ces pays se débattent. La Russie et le Brésil seront en territoire négatif cette année», a-t-elle estimé. Le choix de Shanghai n’est cependant pas anodin.

La machine chinoise continue à s’essouffler. En 2015, la croissance de la deuxième économie de la planète s’est établie à 6,9%. En Chine où devrait se poursuivre le rééquilibrage de l’économie du secteur manufacturier vers les services, le PIB devrait augmenter de 6,5% cette année et de 6,2% en 2017, selon les prévisions de l’OCDE. Pour ses experts, des «mesures de politique budgétaire plus énergiques, conjuguées à une relance des réformes structurelles, s’imposent pour soutenir la croissance».Les questions budgétaires se hissent aux tous premiers rangs des priorités, a tenu à rappeler la patronne du FMI lors de sa participation au Forum arabe des finances publiques tenu le 22 février à Abu Dhabi.

Tout en évoquant le grand philosophe et économiste Adam Smith, Christine Lagarde a évoqué deux ingrédients de la fiscalité indispensables à la prospérité des économies du XX 
Ie siècle. Le premier est la capacité des pays à dégager suffisamment de recettes publiques. Celles-ci constituent le moyen d’existence des Etats modernes. Elles leur permettent de fournir les biens publics indispensables à une croissance forte et durable. Pour Lagarde, les économies du Golfe «doivent renforcer leurs cadres fiscaux et remanier leurs systèmes de taxation en réduisant leur forte dépendance vis-à-vis du pétrole et en stimulant les sources de revenus non liées aux hydrocarbures». Pour cela, elle a appelé à l’introduction d’une taxe à la valeur ajoutée dans le Golfe, «idéalement une TVA harmonisée régionalement».

Le deuxième ingrédient de la réussite économique au XXIe siècle est la fiscalité internationale. Il s’agit d’un moyen essentiel qui permet aux Etats de mobiliser des recettes dans une économie mondialisée.  «Il nous faut un système qui décourage le transfert artificiel des bénéfices et des actifs vers des territoires à faible imposition. Un système qui dissuade les pays de se livrer à une concurrence fiscale trop féroce», recommande la patronne du FMI.