La Tunisie appelée à revoir son modèle de développement

La Tunisie est en discussion avec le Fonds monétaire international, pour obtenir un nouveau plan d’aide de 1,5 milliard d’euros sur quatre ans. Mais pour cela, la Tunisie doit revoir son modèle de développement, estime le nouveau représentant du FMI dans le pays, Robert Blotevogel. Le tout, dans une conjoncture difficile.

Avec la chute du tourisme en raison de l’insécurité, la faiblesse de la zone euro son premier partenaire, et la crise en Libye, la croissance tunisienne n’a pas dépassé 0,8% en 2015 et, en 2016, elle ne sera pas suffisante pour résorber un chômage de plus de 15% de la population active.

En dépit de cela, le FMI met au crédit de la Tunisie sa place de premier exportateur mondial d’huile d’olive, la restructuration des banques publiques et le maintien des grands équilibres macro-économiques.

Mais, côté négatif, le FMI souligne le poids excessif de la fonction publique dans les finances publiques, poids qui s’est accru depuis 2011 au détriment des investissements. Et c’est pourquoi le FMI, qui devrait valider le 22 avril un nouveau plan d’aide sur quatre ans, demande au gouvernement de réformer son mode d’action.

Le plan de développement 2016-2020 devrait ainsi avoir comme priorité la relance de l’économie en faveur des plus pauvres et des régions défavorisées. La Tunisie a connu ces derniers temps un regain de mécontentement social.


La Tunisie, premier exportateur mondial d’huile d’olive


La mauvaise fortune des uns profite souvent à d’autres, en l’occurrence à la Tunisie, qui a bénéficié en 2014-2015 de récolte record. La Tunisie est devenue l’an dernier le premier exportateur mondial d’huile d’olive. De l’huile que les embouteilleurs espagnols s’arrachent pour combler la baisse de leur production, fournir leurs clients et conserver leurs parts de marché.

Jusqu’à présent, la Tunisie pouvait exporter vers l’Union européenne 50 000 tonnes d’huile d’olive par an, en franchise de droits, autrement dit exempté de taxes. Fin janvier, la Commission européenne a adopté un plan d’urgence qui autorise la Tunisie à exporter 70 000 tonnes d’huile supplémentaires sur deux ans. Un plan de solidarité explique Bruxelles. Bon pour la Tunisie, mais aussi pour le consommateur qui peut espérer rester à l’huile d’olive pour cuisiner.