«House of Cards» revient, plus sombre et effrayante

Katy Waldman, Traduit par Peggy SastreSlate.fr

Plus sombre, plus effrayante, la série  »Housse of cards » ne fait plus de chichis et devient fièrement le soap qu’elle a toujours été. C’est la première règle de la politique, du moins telle que la pratiquent certains virtuoses du secteur: donnez au peuple ce qu’il veut.

Plus sombre, plus effrayante, la série  »Housse of cards » ne fait plus de chichis et devient fièrement le soap qu’elle a toujours été. C’est la première règle de la politique, du moins telle que la pratiquent certains virtuoses du secteur: donnez au peuple ce qu’il veut. House of Cards, qui vient de lancer sa quatrième saison comme une hyène raclerait la carcasse de Jed Bartlet et de son Amérique, a toujours été un thriller kitsch se donnant des grands airs. La série a connuson meilleur en nous faisant oublier nos prétentions, cette chimère voulant que notre engouement s’explique par sa complexité morale ou même la grandiloquence toute shakespearienne de sa structure narrative –avec des ambitieux passant du Capitole à la Roche tarpéienne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. A l’heure où s’ouvre son quatrième mandat, House of Cards ne fait plus de chichis et devient fièrement le soap qu’elle a toujours été –peut-être rassérénée par le succès irréel de Donald Trump. De fait, la vénalité extrême de leurs dirigeants ne dérange plus les Américains –elle les ébahit et les électrise. Comme dirait le milliardaire, c’est énorme!

Ce n’est pas la première fois que la série change de style, et ces nouveaux chapitres resserrés corrigent le tir de la saison 3, que ma consœur Willa Paskin qualifiait desentimentalo-soporifique. Lorsque l’histoire reprend, Frank Underwood alterne magnifiquement entre trois modes: la rage fulminante, l’assurance glaçante qui-s’y-frotte-s’y-pique et le charme redneck débonnaire. Il se dévoue corps et âme à sa campagne présidentielle, affrontant les attaques d’Heather Dunbar (Elizabeth Marvel), la sur-intègre candidate débarquée du Département de la Justice, et les sobres rebuffades de Jackie Sharp (Molly Parker), ici davantage bonniche que tigresse quand elle se plie aux exigences d’Underwood, malgré tout le mépris qu’il lui inspire.