FAIRUZ A L’ETERNITE

Biographie et œuvre musicale

FAIRUZSa famille s’installe avec elle à Beyrouth dans le quartier de Zqaq El Blat où elle grandit. Avec les frères Rahbani, Assy et Mansour (Assi deviendra son mari), elle crée un nouveau style de musique libanaiseinitialement très influencé par la musique latino-américaine.

Son premier concert public a eu lieu en 1957. Elle devient très vite célèbre dans tout le monde arabe mais se fait rare pendant la guerre civile libanaise afin d’éviter d’être utilisée par un camp ou par un autre. Cette retenue lui vaut l’affection et l’intérêt du public de toutes confessions. Depuis la fin de la guerre civile, elle travaille avec son fils Ziad Rahbani. Sa musique est de plus en plus influencée par les rythmes jazz.

Les débuts au festival de Baalbeck

Fairuz n’acquiert sa célébrité que lorsque les frères Rahbani commencent à composer pour elle au début des années 1950. Ces années-là sont très fertiles et Fairuz s’essaye à de nombreux genres musicaux, et, avec un penchant pour la modernité et la musique occidentale, les frères Rahbani vont exceller aussi bien dans des compositions symphoniques que dans des tangos et autres danses latines. Ceci n’est pas du goût de tous les auditeurs et critiques de l’époque habitués aux longues mélopées égyptiennes aux mélodies languissantes et aux orchestrations aussi naïves que traditionnelles.

A ECOUTER POUR LE PLAISIR

Fairuz dans les années 1950

Le style des frères Rahbani s’impose petit à petit, et c’est en 1957 que le comité du festival international de Baalbeck, qui fête son premier anniversaire, demande aux Rahbani de préparer une « soirée libanaise »4 qui fera découvrir au public du festival (composés surtout d’étrangers et de libanais intellectuellement occidentalisés, le festival se contentant jusque là de présenter des spectacles de musique et de danses classiques et des tragédies grecques), les musiques et danses traditionnelles du Liban.

Le programme est à la hauteur des espérances et le public revient aussi nombreux, en 1959, autant pour applaudir le ballet Rambert que pour applaudir Fairuz encore une fois invitée en vedette des soirées libanaises (sachant que le festival s’est interrompu en 1958 à cause de troubles communautaires)5. Cependant il ne faudrait pas croire que les Rahbani présentent ce qui est communément appelé le « Folklore » : leurs compositions sont bel et bien personnelles, et quand il y a des chants folkloriques de compositeurs inconnus, les Rahbani prennent bien soin de leur donner un nouveau souffle de vie en les présentant dans des orchestrations symphoniques somptueuses, ou sur des rythmes latins.

En 1961, Fairuz revient à Baalbeck avec une superproduction, le spectacle de 1957 était une suite de tableaux sans véritable lien, en 1959, était présentée une opérette d’un seul acte (Al’ Mouhakama — le procès), en 1961, les Rahbani créent une comédie musicale en 4 actes intitulée Al Ballbakieh (la Baalbakiote). Pénétrant l’univers de la mythologie, les Rahbani écrivent l’histoire d’une jeune fille dotée d’une voix envoutante, universelle et éternelle, Fairuz chante ainsi aussi bien les mélodies andalouses que celles puisées dans la pure musique classique occidentale (la célèbre Ode à Baalbeck). Présenté à Londres et en Amérique du sud, le spectacle, dans son côté le plus osé et le plus occidental, ne reçoit pas un accueil très chaleureux, surtout de la part de la presse britannique.

Fairuz jeuneEn 1962, Fairuz est de retour dans une comédie musicale, cette fois en 2 actes : Jisr el Kamar qui est le nom d’un village situé au nord du Liban et qui, traduit textuellement, signifie le pont de la Lune. Dans cette comédie musicale, où Fairuz joue le rôle d’une fille envoûtée par les djinns et qui cherche à réconcilier les habitants de deux villages voisins en guerre, en écho à la première guerre civile de l’histoire du Liban moderne, celle de 1958, la musique des deux frères Rahbani devient de plus en plus expressive et dramatique dans les passages chantés par le chœur, et plus lyrique dans les passages chantés par Fairuz.

Cette évolution va être encore plus marquée en 1963, quand les Rahbani composent Allayl wa’l Kandil (La nuit au fanal), où Fairuz (mantoura), jeune vendeuse de lanternes, tombe amoureuse d’un « horla » (hawlou) qui trahit sa confiance, et qui est représentée au théâtre du Casino du Liban ainsi qu’à la foire internationale de Damas.

En 1964, au festival des Cèdres, la pièce qui sera l’année suivante le premier film, dirigé par Youssef Chahine, de Fairuz et des Rahbani, Bayya’a el khawatim (Le vendeur de bagues) raconte l’histoire d’une jeune orpheline fataliste (Fairuz) prise dans les mensonges d’un oncle mythomane. Au Liban, on parle désormais du « théâtre des Frères Rahbani » : le théâtre musical libanais né de rien, se développe à une vitesse vertigineuse.

En 1965 les frères Rahbani présentent au festival de Baalbeck une nouvelle comédie musicale avec pour vedette cette fois-ci la chanteuse libanaise Sabah : Dawalib el hawa  les moulinets —, histoire d’amour impossible entre un seigneur féodal et h’ala (Sabah) jeune fille très belle mais têtue6.

En 1966, Fairuz et des Frères Rahbani au festival de Baalbeck toujours, se produisent avec cette fois une fiction historique : Ayyam Fakhreddine  Du temps de Ficardin. Tout est dans le titre : Otr ellayl (Fairuz) se veut la conscience fictive d’un peuple qui attend que son souverain le protège et fasse de lui un peuple indépendant (Ficardin est un émir qui régna sur la montagne libanaise au xviie siècle)7,8.

Source : Wikipedia