COP 22 DE MARRAKECH

Table-ronde organisée par l’Institut Amadeus: Quelles ambitions pour concrétiser le succès de Paris?

 

Vue de la table ronde
Vue de la table ronde – Photo Amadeus

L’Institut Amadeus a organisé, jeudi 3 mars 2016 à Rabat, une table ronde destinée à réfléchir et débattre sur les défis stratégiques, structurels et logistiques que représente l’organisation de la COP22 par le Maroc. L’organisation générale de la COP pour en faire un événement réussi, le volet du financement, les sujets à porter au-devant de la scène et au cœur des négociations, les retombées pour le Maroc, ainsi que l’identité et l’originalité à donner à cette grande manifestation, ont constitué les grands axes de discussions.

ECLAIRAGE  donne ici une synthèse des points essentiels de la table-ronde.

L’Accord de Paris sanctionnant les travaux de la COP 21 – qui entrera en vigueur en cas de ratification à New York, le 22 avril 2016, par le seuil minimum de 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales –, peut être considéré comme un pari gagné et une réelle percée historique qui consacre une volonté collective et universelle.

La COP22, qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, sera en effet décisive dans le processus d’implémentation et de suivi de l’Accord de Paris, notamment à travers la définition des outils et mécanismes devant contraindre les Parties à respecter leurs engagements pris à Paris et cela à partir de 2020.

Problématiques stratégiques, logistiques et d’image au cœur des débats de la COP22

Cet atelier de réflexion, initié par l’Institut Amadeus, ont permis de réfléchir en amont aux problématiques stratégiques, logistiques et d’image qui seront au cœur des débats de la COP22 et proposer des pistes et recommandations pour faire du rendez-vous de Marrakech un moment historique.

La table-ronde a permis de mettre en exergue la légitimité du Maroc d’accueillir et de présider la COP22, devait souligner la ministre chargée de l’Environnement et envoyée spécial du Royaume pour la COP22, grâce à la dynamique exceptionnelle matérialisée par la constitutionnalisation du développement durable, la mise en place d’institutions pour le renouvelables, l’efficacité énergétique et l’environnement et la création d’une stratégie nationale de développement durable qui impose à tous les ministères de prendre en considération l’aspect durabilité et climat dans leur politique. Autant de mesures qui constituent un «article de l’Accord de Paris et que le Maroc a déjà mis en œuvre». 

«l’Accord de Paris établit un cadre et une architecture pour réduire collectivement et durablement les émissions à effet de serre. Il ne s’agit pas encore d’un véritable « Programme Climatique Mondial » précis, opérationnel et juridiquement contraignant, qui assure de manière irréversible le passage aux actes a souligné, de son côté, le Président de l’Institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri. La COP22 devrait, à cet égard,  »assurer la mise en œuvre de l’accord de Paris à travers, notamment, la définition des outils et mécanismes devant contraindre les Parties à respecter, à partir de 2020, leurs engagements pris à Paris. Ça sera à la Présidence marocaine et aux négociateurs d’impulser, de porter et d’encadrer les discussions autour de cette mise en œuvre », a-t-il souligné.

Le Maroc est appelé à donné le temps de l’Agenda climatique

La table-ronde a ainsi mis en évidence le fait que la COP22 est un processus qui s’étendra au minimum jusqu’à la fin de la présidence marocaine fin 2017. Le Maroc, en tant que pays hôte et Président entrant de la COP, est appelé à donner le ton de l’agenda climatique mondial sur la période 2016-2017.

Au-delà de promouvoir la marque Maroc à l’échelle internationale, mais aussi la marque Afrique de manière plus large, comme l’a souligné le Président de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des MRE de la chambre des représentants, Mehdi Bensaid, le Maroc devra  »se doter d’une dose extraordinaire de capital immatériel, d’opportunités d’investissements, de créations d’emplois et d’avancées technologiques ».

la table-ronde a permis surtout de souligner que la  »singularité du Maroc dans le concert des nations (est) d’être à la fois africain, arabe, maghrébin, méditerranéen, membre de la Conférence Islamique ce qui lui donne une responsabilité d’une grande sensibilité ».