Fantasme et crédulité politiques

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Le 8 février 2016, nous avions publié un article relatif aux galimatias du Sieur Benkirane. Nous le republions pour son actualité outrageante afin de nous satisfaire de la crédulité du  Chef du PJD, en quête vaine depuis 5 mois d’un gouvernement à diriger. En effet, le 5 février 2016, le sieur Benkirane avait cru intelligent d’affirmer, devant des ‘’socialistes’’ (avant-hier communistes), sans sourcier, que le parlement, entendre la Chambre des Représentants (élue entre-temps le 7 octobre 2016), «ne peut être uniquement composé du parti de la Justice et du développement. Je ne le veux pas». Des médias en ont conclu: »Benkirane rassure ». Aujourd’hui, c’est lui qui n’est plus rassuré du tout. Il est plutôt assuré d’une chose : Rien n’est sûr dans le Maroc politique.En son temps, nous nous interrogions ainsi : Rassurer qui et pourquoi ? Les autres partis politiques, cela est vaine déclaration. Les électeurs ? Ils sont une minorité à voter. Qui de droit alors ?…

Cette tirade de l’excès de confiance a fait titrer au site le360 (dans son kiosque du 8/2/2016): ‘’Benkirane rassure ses adversaires ».

Rassurer, qui et pourquoi ? Les autres politiques du parterre national partisan ? Ni le PAM et encore moins le Parti de l’Istiqlal n’ont dû trouver cette assertion comme étant une sereine déclaration. Les électeurs ? Le PJD sait, mieux que quiconque, que le citoyen averti, le citoyen au fait des arcanes du pouvoir et de la redistribution des parcelles d’autorité dans ce pays, savent que ce parti exerce la démagogie populiste. Il n’a de la réalité du pouvoir d’Etat que ce qu’il peut avoir, c’est-à-dire les bribes d’un exercice d’autorité dont les ressorts et les leviers de commande sont ailleurs. Il l’a compris, il l’a vérifié durant son mandat en partance (2011-2016). Il le vit minute par minute depuis le 7 octobre 2016 à son insu.

Alors, rassurer qui et pourquoi ? Le sieur Benkirane n’interpelle pas les partis politiques en compétition électorale. Il ne s’adresse nullement aux électeurs qui, pour une bonne part de ceux qui votent, se soucient de la représentation nationale comme ils changent de chaussettes, par nécessité hygiénique. Ni plus ni moins. Le message (si tant cette déclaration peut en être une) est à l’adresse de qui de droit. L’objectif, l’arrière-pensée du SG du PJD est de dire que le mandat à venir peut être géré comme celui qui se clôt, dans les petites décisions, celles qui n’ont pas eu d’impact sur la structure, la philosophie et l’essence du pouvoir monarchique.

Le message est sinueux. Il est destiné à rassurer, certes, mais pas les colistiers électoraux du PJD. Il a une résonance politiste. Rassurés, tous les acteurs du Maroc en transition politique permanente le sont. Le PJD n’a mis en œuvre sur le terrain aucune de ses rhétoriques religieuses, pas plus que ses slogans  »éthiques » qui en appelaient à la moralisation de l’espace public, à l’intérieur comme en dehors des institutions étatiques. Tout au plus a-t-il irrité l’ouïe démocratique par des discours où s’entremêlent folklore et bouffonneries à l’infini.

En tout état de cause, en lançant cette tirade, comme des dizaines avant celle-ci, le sieur Benkirane voulait se rassurer lui-même sur un possible second mandat. Là il s’est égaré. Il a omis, ou il fait semblant, qu’un parti politique venu de nulle part, le PAM pour bien le nommer, est aujourd’hui prêt à commander la locomotive gouvernementale. Cela est dans la perspective des options étatiques encadrées par le véritable centre du pouvoir. Dernier acte de cette réalité têtue, la nomination d’une pléiade de nouveaux ambassadeurs et gouverneurs, samedi dernier, sans que le Chef de gouvernement (le sieur Benkirane en l’occurrence) soit informé de leurs noms, et encore moins avoir été consulté dans leur choix comme le prévoit la constitution.

Bien sûr, le PJD sera de la partie à l’issue des législatives 2016. Il fera partie de l’équipe gouvernementale. Car le PI, l’USFP et Cie ont perdu leur âme. Le 1er en ayant à sa tête une direction qui n’a ni valeurs ni principes. Le 2è a dégringolé entre 1998 et 2002, lorsque l’alternance l’a transformé en parti gouvernemental inodore et incolore.

Que le PJD se rassure alors. Son exercice (2011-2016) sans étincelles a convaincu tout le monde (sauf les illuminés du royaume islamiste. Sur son inefficacité décisionnelle. Sur ses atermoiements politiciens et sa démagogie du moins-disant.

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