WhatsApp et Facebook en justice

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WhatsApp et Facebook étaient déjà dans le collimateur des autorités de contrôle des Etats membres de l’Union européenne. (Crédits : Reuters). Une association allemande de consommateurs a, en effet, porté plainte cette semaine contre WhatsApp. L’organisation reproche au service de messagerie instantanée de partager les données de ses utilisateurs avec sa maison-mère Facebook.WhatsApp et Facebook sont au centre des critiques à Berlin. La Fédération des associations de consommateurs allemands (Verbraucherzentrale Bundesverband, VZBV ) vient de porter plainte contre le service de messagerie instantanée à propos des dernières mises à jour effectuées au mois d’août dernier. Elles concernaient des modifications de sa politique de confidentialité et de ses conditions générales d’utilisation (CGU) comme le souligne Numerama. D’après le communiqué publié par l’association, le problème majeur concerne « le fait que les numéros de téléphone des gens qui figurent sur les listes des usagers de WhatsApp sont partagés avec Facebook ».

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De multiples rappels à l’ordre

A la suite du changement de la politique de confidentialité à la fin de l’été dernier, l’association a envoyé une mise en demeure auprès de WhatsApp pour que cette dernière cesse de partager les données personnelles de ces usagers avec Facebook. Mais d’après la Fédération d’associations, le plus grand réseau social au monde n’a jamais signé cette lettre de mise en demeure. Et cette démarche n’est qu’une étape dans toutes les actions entamées à l’encontre de Facebook et WhatsApp.

Fin octobre 2016, le G29 qui regroupe les autorités de protection des données personnelles des Etats membres de l’Union Européenne (dont la CNIL en France) avait également adressé une lettre à WhatsApp : « Le G29 exprime sa vive préoccupation à propos du partage d’informations réalisé au sein de la « famille d’entreprises Facebook » pour des finalités qui n’étaient pas inclues dans les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité au moment où les actuels utilisateurs ont souscrit au service WhatsApp. »

Les principales inquiétudes des organes de contrôle concernent « le consentement de l’utilisateur, l’efficacité des mécanismes fournis aux utilisateurs pour exercer leurs droits et des droits incombant aux non-utilisateurs de Facebook dans le contexte d’un tel changement de politique de confidentialité ». Après une suspension éphémère du partage de données en novembre, la Commission européenne s’est inquiétée de possibles mensonges exprimés par la direction de Facebook

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Pour Carola Elbrecht conseillère juridique pour la fédération d’associations allemandes et d’autres experts, WhatsApp a clairement abusé de la confiance de ses usagers. « En rachetant WhatsApp en 2014, Facebook a fait la promesse publiquement de ne pas échanger les données entre les services, et plusieurs consommateurs ont pris la firme au mot. Cependant, cette promise n’a pas duré longtemps. »

Le business des données personnelles

Malgré un accroissement régulier du nombre d’utilisateurs, WhatsApp peine encore à être rentable et à monétiser son contenu. Racheté par Facebook en 2014 pour 22 milliards de dollars, la messagerie instantanée n’a pas non plus connu d’évolutions majeures dans ses fonctions.

En revanche, Facebook a su profiter de l’audience de WhatsApp en modifiant les conditions d’utilisation de l’application à l’été dernier. Et si les institutions européennes et les associations ne cessent d’alerter sur l’usage des données personnelles par les géants du net, ces derniers semblent poursuivre ces pratiques au rythme des rachats successifs, illustrant une concentration encore plus poussée du secteur.

Grégoire Normand, La Nouvelle Tribune

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