Nos enfants et Internet…

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Internet rentre très rapidement dans les usages des enfants. Mais comment l’utilisent-ils ? Leur cyber-activité est détaillée dans une étude Kaspersky Lab.

«Ce ne sont pas les outils ou les réseaux sociaux qu’il faut combattre mais bien les mauvais usages, les comportements et les propos déplacés qui parfois s’y répandent». La phrase de Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale, est située au milieu de son discours contre le harcèlement à l’école. Pourtant, elle montre à quel point internet est entré dans les usages des jeunes générations. Et ce dès le plus jeune âge.

CONTENU PARTENAIRE Une étude de Kaspersky Lab montre que même les enfants de dix à quinze ans aiment briser les règles établies par leurs parents pour cacher leur cyber-vie. 69% des enfants interrogés possèdent leur propre smartphone. A dix ans, la part des enfants qui utilisent le smartphone d’un parent est légèrement plus importante que celle des jeunes qui ont leur propre smartphone (31% contre 30%).

Il n’en est pas de même pour les tablettes. 49% des enfants de dix ans en ont personnellement une. Et à quinze ans, 95% des ados pianotent sur leur propre smartphone. Dès lors, il est aisé de s’aventurer sur le net.

Première génération native

Et les recherches le prouvent : la vie des adolescents s’oriente clairement vers le numérique. Plus les enfants vieillissent après dix ans et plus ils déplacent leurs activités hors-ligne vers le web. Avec les inconvénients qui vont avec.

«Comme nous en sommes à la première génération native véritablement numérique, il est très facile pour les enfants d’aujourd’hui de trouver leur chemin dans les coins sombres d’Internet ou d’être exposés à tous les contenus, quel que soit leur âge», commente Tanguy De Coatpont, Directeur Général France & Afrique du Nord, Kaspersky Lab France.

Pas étonnant dès lors de voir un épisode de la série Black Mirrorl’anthologie dystopique, où le héros est un adolescent qui se voit obligé de réaliser des missions pour des pirates informatiques. Ces derniers ayant des informations compromettantes sur lui après avoir hacké son ordinateur.

De fait, les parents ont un rôle à jouer dans l’apprentissage numérique de leurs enfants. Sauf que la part des chérubins qui ont des règles établies par leurs pères et mères pour limiter leur accès à internet diminue drastiquement avec le temps. De 65% à dix ans, ce taux descend à 39% pour leurs aînés de cinq ans.

Dans l’ensemble, seulement un enfant interrogé sur deux (52%) ont des règles à la maison concernant leur utilisation du vaste web. Pour Tanguy De Coatpont, c’est parce que les parents trouvent leurs enfants assez «mûrs» et «digne de confiance pour gérer les appareils compatibles avec Internet».

15,5% des enfants savent cacher leur adresse IP

Mais ces derniers ne le leur rendent pas à tous les coups. 51% des enfants de l’étude estiment avoir les connaissances et les compétences nécessaires pour cacher leurs activités sur Internet à leurs parents. Ce chiffre concerne même deux enfants sur trois à quinze ans. Autant pour la confiance.

Les jeunes ont une pratique du web telle qu’ils arrivent parfois à faire plus de choses que leurs aînés. Un sixième des enfants interrogés peuvent cacher leur adresse IP à quinze ans (15,5%) et un quart (22,6%) savent désactiver le contrôle parental sur les différents appareils. Vous saviez désactiver le contrôle parental à quinze ans vous? Moi pas. Et que dire de l’adresse IP…

Cet apprentissage a pris une tournure particulière avec les réseaux sociaux. Seulement 30% des gamins interrogés sont incapables de se créer des profils Twitter, Facebook ou Instagram, effacer leur historique ou se filmer et poster la vidéo en ligne. Il est pourtant officiellement interdit à un mineur de moins de treize and’avoir un compte Facebook (et Instagram) ou un compte Google (et Youtube par conséquent). Mais certains, on les appelle les «invisibles», sont présents bien avant cet âge.

Exposés à des contenus inadaptés

Sans surprise, les enfants concernés par cette étude ont été exposés à des contenus inadaptés à leur âge. 39% d’entre eux ont vu des commentaires vulgaires, 25% des contenus violents et 17% des contenus à caractère pornographique.

À quinze ans, l’exposition à ce dernier élément monte à 35%… Pourtant, plus de la moitié des enfants interrogés indiquent qu’ils ne sont pas inquiétés ou n’ont «pas peur d’être en ligne». Pour Tanguy De Coatpont et Kaspersky Lab, c’est le rôle des parents de s’adapter:

«Pour les jeunes qui explorent, expérimentent et font leurs premiers pas aujourd’hui en ligne, il est vital que les parents, jouent un rôle actif pour les encadrer, discutent avec eux des risques, des menaces et des dangers pour définir ce qui constitue un comportement sécuritaire et responsable en ligne»

Néanmoins, les parents ne sont pas toujours exempts de tous reproches. Des chercheurs des universités de Washington et du Michigan ont montré que les enfants font plus attention que leurs parents à ce qu’ils postent sur le net.

Slate.fr

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