Ils gangrènent l’Etat par le haut

Attention, danger réel et immédiat: le Parti justice et développement (PJD) est à pied d’œuvre, depuis la première année d’investiture du gouvernement mené par les islamistes, pour installer les siens au sein de l’administration publique. La majorité des 689 hauts responsables nommés à de hautes fonctions, durant ces quatre dernières années, est constituée de  »cadres » du Parti ou proches de la Lampe.

C’est un fait, le Parti justice et développement (PJD) a noyauté l’administration publique en  nommant les siens aux hautes fonctions. En dépit de l’habillage de transparence, assurée par l’article 92 de la loi organique 02-12 réglementant ces nominations, le système des appels à candidature a été activé pour servir souvent des cadres du PJD !

Durant les quatre dernières années, pas moins de 689 hauts fonctionnaires ont été nommés à de hautes fonctions. Et, en effet, il est intriguant de noter que la majorité de ces hauts fonctionnaires relève des cadres du PJD. La boucle a été bouclée lors du Conseil de gouvernement, présidé par Abdelilah Benkirane, le 24 juillet dernier, et lors duquel il a été procédé à plusieurs autres nominations. Aujourd’hui, le nombre de ces nominations est on ne peut plus excessif.

Selon le quotidien Assabah, qui rapporte l’information dans son édition de ce vendredi 5 août, ce système est en train de vider l’administration publique de ses compétences et, plus grave encore, de barrer la route à des cadres de talent, ce qui aura des répercussions négatives sur le bon déroulement de l’administration. Car ces nominations concernent des rangs élevés dans la hiérarchie administrative, notamment les postes de secrétaires généraux, de directeurs centraux, de directeurs généraux des établissements publics.

Les sources du quotidien font savoir que, dans certains cas, des responsables compétents ont été débarqués uniquement pour être remplacés par des sympathisants de la Lampe.

L’essaimage dangereux

Les exemples rapportés par le quotidien montrent l’ampleur du phénomène. La ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, du PJD, a procédé à des nominations intrigantes. Ainsi, Abdelmounaime El Madani, membre du conseil national du PJD et président de l’arrondissement  Yacoub El Mansour, à Rabat, a été nommé directeur général de l’Entraide nationale. De même, Fatima Benhsaine, secrétaire générale du Forum Zarha, instance féminine du PJD, a été propulsée directrice de la société civile au ministère des relations avec le Parlement géré par le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari.

Échange de procédés PPS-PJD

Dans ce même sillage, la formule de l’échange est aussi de mise, surtout entre le PJD et le PPS. Ainsi, Mohamed El Hilali, vice-président du Mouvement unité et réforme (MUR), bras idéologique et religieux du PJD, a été nommé directeur des affaires juridiques au ministère de l’Habitat et de la politique de la ville, piloté par le secrétaire général du parti du progrès et du socialisme, Mohamed Nabil Benabdallah. S’ajoute également au lot l’ancien membre du cabinet du chef de gouvernement, Abderrahim Chikhi, devenu président du MUR. 

Au ministère de l’Enseignement supérieur, la direction des ressources humaines a été confiée à Mohamed Amari, alors que le ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, Aziz Rebbah, a changé à deux reprises le secrétaire général de son département durant ce mandat qui tire à sa fin. De même, le ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, avait tenté de placer son chef de cabinet, qui est membre du MUR, au poste de secrétaire général.

 Le PPS n’a pas dérogé à la règle. Ainsi, le ministre de la Santé, Lhoucine El Ourdi, avait nommé son chef de cabinet comme directeur au ministère, alors que son camarade, Abdesselam Seddiki, a placé Anas Doukkali aux commandes de l’ANAPEC et son chef de cabinet à la tête du secrétariat général du ministère de l’Emploi et des Affaires sociales.

Mohamed Younsi, le360 et Éclairages

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