COP 22 : Marché et spéculations

La commission chargée de l’adjudication du marché relatif à l’aménagement et à la communication de la COP 22 a ouvert les plis techniques ce matin. Parmi les trois groupements soumissionnaires, la commission a retenu un seul groupement (voir ‘’Marché: Adjudicataires de la COP22’’), les deux autres ayant été écartés, d’après les informations qui ont circulé, pour absence de références internationales pour ce genre de prestations. Or, l’ouverture de l’offre financière est tout aussi importante, sachant que le budget alloué à ce marché est dans la limite de 700 millions de dirhams. Si la proposition du groupement retenu dépasse l’offre officielle, que se passerait-il ?

Pure spéculation bien entendu, la commission a, dans ce cas précis, une double alternative: demander au groupement retenu de revoir son offre à la baisse pour respecter le budget alloué. Ce qui est dans le domaine du possible, les 700 millions de dirhams étant largement suffisants pour une opération de ce genre. Et, en l’occurrence, le groupement retenu se verrait adjudicataire définitif.

Mais, pure gymnastique de l’esprit là également, si ce groupement décline la proposition d’abaisser son offre, la commission n’a d’autre choix que de déclarer l’appel d’offres infructueux et, donc, opter pour l’une des deux alternatives suivantes : relancer un nouvel appel d’offres, ce qui n’est pas envisageable compte-tenu des délais qui restent, l’aménagement devant être fait d’ici octobre 2016. Il restera l’opportunité de recourir à une consultation restreinte. Mais là se posent deux problèmes majeurs. Car, il est dans la logique des choses que les deux autres groupements non retenus pour absence de références internationales exigibles ne soient plus consultés. Cela est l’évidence normative élémentaire.

Le premier problème est d’ordre normatif, puisqu’une une consultation restreinte suppose que, dans le cadre du marché local des prestataires, il n’y ait plus, ou pas suffisamment, de concurrents pour lancer un nouvel appel d’offres. Est-ce le cas aujourd’hui au Maroc ? Oui et non.

Oui, parce qu’il n’y a qu’un seul groupement qui dispose des références requises, tel que cela a été démontré à l’ouverture des plis techniques. Mais, dans ce cas, qu’adviendrait-il du groupement soumissionnaire retenu au plan technique ? Non, en ce sens que la proposition financière faite par le groupement retenu techniquement, même si elle ne cadrerait pas avec la ligne budgétaire disponible, laisse la porte ouverte pour que les deux autres groupements envisagent de ‘’composer’’ avec le premier groupement pour minimiser les coûts. Mais dans ce cas, on commettrait une entorse énorme à la régularité de passation des marchés publics. Un véritable casse-tête.

Le deuxième problème pourrait plonger la commission d’adjudication dans le même imbroglio, dans le cas où les soumissionnaires internationaux feraient des offres financières qui ne cadreraient pas avec la ligne du budget allouée à cette opération. Et rebelote…

Dans tous les cas de figures, la commission d’adjudication devrait délier le noeud gordien, vue la limite du temps disponible, pour aller de l’avant, sachant que le Maroc est déjà en retard pour la mise en train des modalités préparatoires de la COP 22 de Marrakech.

La seule alternative, dans le cas d’espèces, est de voir le groupement, retenu techniquement, savoir raison garder comme on dit.

C’est en ce sens que la seule démarche viable, en tenant-compte du timing de la mise en œuvre dudit marché, est que le groupement retenu ait fait une offre qui s’aligne sur le budget alloué à cette opération, à savoir 700 millions de dirhams. Ce budget est en soi assez rocambolesque pour qu’il satisfasse les plus tordus des spéculateurs.

Il est à rappeler que le groupement dont l’offre technique a été retenue est constitué de 8 entreprises: GL Events Services, GL Events Audiovisuel, GL Mobilier, Hall Expo, Agence Publics, Capital Events, Leni et Manzeh Diafa.

ECLAIRAGES, 25 mars 2016

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