Quelle mouche a piqué le SG de l’ONU ?

Cette interrogation n’a pas un objectif humoristique, pas plus qu’une portée polémiste. Il s’agit d’une réelle interrogation: Mais quelle mouche a piqué Ban Ki-moon, le SG de l’ONU, alors qu’il est en fin de mandat ? Cette interrogation peut amener d’autres, comme celle de savoir, notamment, ce qui s’est passé entre Alger et Ban Ki lors de sa visite dans la région ? Quels ont été les  »arguments » que la hiérarchie militaire et politico-financière qui gouverne ce pays a-t-elle avancé pour que le SG de l’ONU ait eu – et le garde – le regard si oblique qu’il a égaré la recette clé qui commande le discours des responsables onusiens: la diplomatie et la réserve ? Pour quelle raison Ban Ki croit-il de son droit de confondre sa personne avec la personnalité juridique, morale et politique de l’Organisation des Nations Unies ?

Le puzzle bourrisouffleur

Par-delà ces interrogations, qui doivent trouver une réponse immédiate de la part des responsables marocains – ce qui leur permettrait d’avancer en zone lumineuse, au lieu de marcher au coup par coup, comme ils le font aujourd’hui – il est important de situer les déclarations de Ban Ki dans leur contexte géopolitique, sachant que ce dernier est, de toutes les façons et dans tous les cas de figure possibles et imaginables, soumis à la clause de réserve.

Le SG de l’ONU a, lors des préparatifs de sa visite dans la région, émis le souhait de rencontre le roi Mohammed VI. Le Maroc avait alors demandé à Ban de reporter la date de sa visite, l’agenda du roi ne permettant pas une telle rencontre à la date indiquée par le responsable onusien. A partir de là, tout dérape. Le SG de l’ONU maintient sa visite à la date que sa personne a convenue, évacue le Maroc du planning des étapes de son périple maghrébin et, en plein camp  »ennemi », trouve adéquat et politiquement correct de dire que le Sahara est sous » occupation ». Dans la foulée, il exprime son ressentiment face aux conditions de vie des  »réfugiés » dans la région.

Qui de la poule ou de l’oeuf est à l’origine…?

Suite à ce dérapage, Rabat voit rouge, ce qui est pleinement justifié, et interpelle Ban Ki sur ses élucubrations verbales, qui sont autant inconvenantes que déplacées et difficilement acceptables de la part du diplomate en chef de l’ONU.

Qui de la poule ou de l’oeuf a donné la procréation originelle, pourrait-on s’esclaffer. C’est un peu cela, en effet, qui complique la visibilité dans cette affaire Maroc/SG de l’ONU. Car, à l’évidence, Ban Ki-moon croit qu’il est dans son rôle (enfin lequel ?). Le Maroc est convaincu d’être dans son droit, et il a tout à fait raison de le penser et de le défendre. Mais par delà ceci et cela, il doit être clair que Ban Ki-moon confond sa personne, avec ses différents égos ,et le statut que lui confère la fonction de SG des Nations Unies. Cette confusion lui a fait commettre deux erreurs stratégiques.

La première est liée à ses déclarations irresponsables, – on ose le dire ici – à Alger et à Tindouf. La deuxième concerne sa réaction vis-à-vis de la marche organisée par les Marocains à Rabat pour dénoncer les propos de Ban. Celui-ci a cru que la citoyenneté marocaine a besoin de son aval pour s’exprimer et lui dire combien il a tort, mais vraiment tort, de prendre partie pour un belligérant contre l’autre. Ce n’est ni juridiquement (au plan du droit international s’entend) fondé ni politiquement admissible, et encore moins attendu d’un responsable tenu par la réserve que lui impose son statut.


Lire réaction de Jacques Attali sur son blog : Pour un Maghreb uni !


Lui,  »Ban qui moone », le SG le plus effacé que l’ONU ait jamais connu, s’agite en fin de mandat, dans un dossier où les positions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU sont claies. Et pour quel objectif ? Pour rendre plus compliquée et plus lointaine la recherche d’une solution juste et durable à un différend factice, créé de toutes pièces par l’Algérie militaire en mal d’hégémonie.

Les réactions à ce dérapage non contrôlé de la part de Ban commencent à se faire entendre. Les USA ont déjà, en début de semaine, rappelé indirectement, mais dans des termes clairs, au SG de l’ONU la position constante du Conseil de sécurité dans l’affaire du Sahara marocain, en soulignant que le cap devra être maintenu dans ce sens. La Russie a, hier mardi 15 mars, sommé le SG de l’ONU de rester dans la ligne tracée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans l’affaire du Sahara. Elle a, dans la foulée, exprimé son soutien et son adhésion à l’offre marocaine de large autonomie. Il est dans la logique de des choses politiques internationales que d’autres voix autorisées disent à Ban toute la flagornerie dont sont habillées ses déclarations.

Bien sûr, ravie de se projeter en spectateur engagé dans cette querelle entre Ban Ki-moon et le Maroc, l’Algérie militaire est plongée dans un silence seigneurial. Elle scrute de lendemains bien ombrageux entre l ‘ONU et Rabat…

Publicités

Une réflexion sur “Quelle mouche a piqué le SG de l’ONU ?

  1. Ping : Maroc/Ban Ki: Le Conseil de Sécurité plus diplomatique – E C L A I R A G E S

Les commentaires sont fermés.