MM. Benkirane et Mezouar, collaborez ou démissionnez !

‘’La diplomatie et les institutions de l’Etat ne sauraient être mises en cause’’. Quelle déclaration péremptoire ! On dirait une consonne biblique, un serment devant l’Eternel en somme. Cette déclaration aurait été faite, selon le site le360 de ce matin, par le Président du RNI, Salaheddine Mezouar. Bein voyons, ne se trompe-t-on pas d’époque et de cible ?!

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération ne se prendrait-il pas pour une institution sacrée ? Pourtant, jusqu’à délivrance angélique suprême, les institutions sont protées par des hommes. Quand ceux-ci se trompent, gouvernent à l’aveugle ou papotent sans discernement, les institutions dont ils sont investies en pâtissent, voire disparaissent sous le feu du renouveau.

Le Chef du RNI semble en vouloir à l’éternité au Chef du PJD. Mais il se trouve que celui-ci est le Chef de gouvernement, alors que le premier est  »son » ministre des Affaires étrangères. Il est donc soumis à la discipline fonctionnelle et politique, sans quoi, les institutions s’en trouvent malades. Or, apparemment, M. Mezouar aurait un regard oblique, ce qui l’empêche de discerner entre le décor ambiant et la substance des choses. Il va jusqu’à croire que les institutions seraient sacrées. Et, lui, en serait partie prenante!

M. Mezouar se trompe de discours. Toute l’affaire est qu’il a un problème de compatibilité avec le Chef du PJD, qui se trouve être, en même temps, le Chef de gouvernement, donc le patron du Président du RNI au sein de l’Exécutif.

Si les institutions de l’Etat ne ‘’sauraient être mises en cause’’, M. Mezouar doit savoir que le Chef de gouvernement est une institution dont l’ordonnancement, les attributions et le statut sont prévus dans l’esprit et la lettre de la constitution. Si, de subterfuge attitude, le Chef du RNI voudrait faire trembler les Marocains, de quelque statut ils se déclareraient, il devrait être conscient qu’il se trompe de pays, de sphère spatiale et de vision.

D’ailleurs, si le Chef de gouvernement l’excède à ce point, il devrait démissionner, au lieu de s’acharner à se faire du harakiri à petites doses. La logique, la real politique et le bon sens dictent aux Hommes d’Etat, surtout, le comportement qui sied à chaque phase et à chaque conjoncture. Le Chef du PJD est dans son beau rôle, celui de Chef de gouvernement, et le ministre des Affaires étrangères, qui est aussi Président du RNI, ne s’entendent plus, qu’ils fassent alors grâce aux citoyens de leurs querelles de couple brisé par les rancœurs de la vie … politico-partisane. Il y va de la crédibilité des institutions et de la maturité des instances qui gouvernent le pays.

Bien sûr, on sait que le Chef de gouvernement ne demandera pas officiellement à son ministre de se la boucler ou de rendre le tablier. De l’autre côté, le Chef du RNI n’osera point rendre la serviette et claquer la porte si des instructions claires et clairvoyantes ne lui sont pas soumises par ailleurs. Et, en tout état de cause, cela provoquerait une crise gouvernementale majeure à quelques 7 mois des législatives. Le risque est gros et le défi n’en vaut pas la chandelle, comme diraient les âmes charitables.

Que ce soit donc entendu: MM. Benkirane et Mezouar, vos querelles nous fatiguent, parce qu’elles ne mèneront à rien. Si, par inadvertance, vous avez omis que l’Etat est une continuité d’institutions fonctionnelles, rappelez-vous en et travaillez. Vous êtes condamnés à collaborer jusqu’au 6 octobre 2016. Prenez-en acte et ignorez-vous l’un l’autre en tant que politiques égarés.

Car, si vos chamades continuent de se déverser sur la voie publique, c’est le peuple des citoyens qui devrait demander votre démission à tous les deux !

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