USA : Le temps du populisme

Le 1er mars, douze Etats fédérés de l’Union votent lors du «Super Mardi», l’un des temps forts des primaires démocrates et républicaines, pour désigner leur candidat respectif à l’élection présidentielle. Pour comprendre la tendance populiste que ces élections mettent à l’œuvre, ECLAIRAGES propose plusieurs directions qui éclairent la trajectoire populiste ambiante qui gagne du terrain un peu partout dans le monde, et plus spécialement aux USA.

Lemonde.fr – Depuis le début de cette campagne, deux personnalités se démarquent tant elles viennent défier les codes de la vie politique américaine, Bernie Sanders -démocrate) et Donald Trump (Républicain). Celui-ci fait la course en tête à droite grâce à un discours vindicatif, particulièrement contre les immigrés. Il rejette aussi l’orthodoxie républicaine en matière de politique économique. Il se montre notamment critique à l’encontre du libre-échange.

Succès durable ou passager ?

Chez les démocrates, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, tente toujours de rattraper la favorite, Hillary Clinton. Sa performance dans les sondages et la ferveur de ses supporteurs surprennent. Son programme en vue d’étendre généreusement l’Etat-providence et de restreindre les activités de Wall Street le place à gauche du Parti démocrate.

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D’après de nombreux commentateurs, Sanders et Trump exprimeraient la colère du peuple américain à l’encontre des élites et de Washington. Le populisme, un phénomène politique récemment plus associé à l’Europe, serait-il en train de s’imposer aux Etats-Unis ?

La route jusqu’à l’élection présidentielle du 8 novembre prochain est encore longue. Mais au-delà de ce vote et des primaires en cours, Trump et Sanders incarnent-ils un changement durable dans la vie politique américaine ? Ou faut-il, au contraire, voir dans leur popularité un succès passager ?

Photo à la une : Dusault, le monde.


Pour plonger dans le cœur du populisme américain, articles à lire


« La collusion entre les partis et l’argent fait le jeu des candidats protestataires », par Michael Sandel, philosophe, enseignant au département de philosophie de l’Université Harvard.

Idée directrice: Donald Trump et Bernie Sanders prospèrent sur la colère populaire contre la politique traditionnelle et l’influence des plus riches. Mais il n’est pas sûr que le populisme parviendra à renouveler le système, pense le philosophe.

« Trump est le seul candidat qui menace la démocratie », par Jan-Werner Müller, professeur de sciences politiques à l’université de Princeton.

Idée directrice: Il faut cesser de comparer Donald Trump et Bernie Sanders. Si les deux tentent de définir de nouvelles identités politiques, selon lui, il n’y a qu’un seul populiste, c’est le candidat républicain. – « Même si Bernie Sanders perdait, un changement radical est en marche », par David Marcus, corédacteur en chef de la revue de la gauche critique « Dissent ». La candidature du sénateur du Vermont permet à toute une nouvelle génération de militants prête à changer le Parti démocrate de s’affirmer.

« Le sénateur du Vermont fait preuve d’une politesse presque bornée », par John R. MacArthur, directeur de Harper’s Magazine.

Idée directrice: Bernie Sanders n’a que peu de chances de l’emporter, car il refuse de lancer des attaques trop directes contre Hillary Clinton. Il y aurait pourtant de nombreuses critiques à lui adresser.

« Qu’est-ce qui ne va pas aux Etats-Unis ? », par Pierre Mélandri, historien et professeur des universités émérite à l’Institut d’études politiques de Paris.

Idée directrice: Deux types de populisme s’affrontent aux Etats-Unis. Côté démocrate, c’est un populisme socio-économique et inclusif. Côté républicain, c’est un populisme identitaire et nativiste.

« Les Etats-Unis vivent en même temps une fronde et une jacquerie », par Steven Ekovich, professeur à The American University of Paris.

Idée directrice: Si le jeu politique traditionnel se trouve bouleversé, il ne faut pas oublier que ce seront les électeurs indépendants, moins affectés par les débordements des primaires, qui trancheront en novembre prochain.

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