La Suisse, un îlot d’espoir dans la jungle du rejet de l’étranger

Enfin un îlot d’espoir dans ce grand désert européen, qui rejette l’étranger et le rend responsable de tous les malheurs que l’Europe vit aujourd’hui. Les Suisses ont, en effet, rejeté dimanche à une large majorité (58,9 %) la proposition controversée de la droite populiste d’expulser automatiquement les criminels étrangers, même pour des infractions mineures.

France24 – C’est un « non » sans ambiguïtés, exprimé par une large majorité de Suisses (63% de taux de participation) contre la proposition de l’extrême droite. Les Suisses ont, en effet, rejeté dimanche 28 février à une large majorité (58,9 %) la proposition controversée de la droite populiste UDC d’expulser automatiquement les criminels étrangers, même pour des infractions mineures, selon les résultats définitifs.

Ce vote intervenait alors que plusieurs pays européens ont durci le ton vis-à-vis des migrants, après l’arrivée de plus d’un million de réfugiés sur le continent l’an dernier.

Il y a six ans, les Suisses avaient accepté, à 52,9 %, une autre initiative de l’Union démocratique du centre (UDC, premier parti suisse) demandant le renvoi des criminels étrangers. Mais le Parlement avait ensuite ajouté une clause, permettant aux juges d’éviter l’expulsion automatique des condamnés dans certains cas.

Cette fois, les Helvètes étaient consultés sur une initiative beaucoup plus dure réclamant « le renvoi effectif des criminels étrangers ». Cette initiative de « mise en œuvre » de l’automaticité élargissait la liste des motifs d’infraction entraînant l’expulsion.

Le texte présenté par l’UDC, auquel s’opposait le gouvernement, le Parlement et tous les autres partis nationaux, demandait le renvoi automatique de tout étranger ayant déjà été condamné au cours des 10 dernières années, qui serait reconnu coupable d’avoir commis des infractions mineures comme des « lésions corporelles simples » ou d’avoir participé à une rixe.

Ce refus net des Suisses marque un coup d’arrêt pour l’UDC qui a fait ces dernières années de l’immigration son sujet phare. Le parti, connu pour ses campagnes contre l’immigration et l’Union européenne, a notamment bousculé le jeu politique suisse avec des campagnes pour interdire la construction de minarets et contre ce qu’elle a appelé « l’immigration de masse ».

Cette fois, les « excès » de l’initiative ont été vivement dénoncés par ses opposants, qui ont mené une campagne virulente contre cette proposition fascisante (ndrl).

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