Gauche de nos amours, où es-tu ?

François Hollande était l’invité vendredi de l’émission «Le téléphone sonne», sur France Inter. Il a longtemps cherché sa réponse à la plus directe des questions, face à l’insistance du journaliste. Je ne suis plus de gauche, aurait-il dû conclure, pour la bonne intelligence. Pour la vérité, pour être conséquent avec lui-même.

ECLAIRAGES – A la question, directe, de savoir si F. Hollande s’estime toujours être de gauche, que le journaliste de radio France Inter lui posa lors de l’entretien accordé vendredi 19 février dans l’émission «Le téléphone sonne», F. Hollande a eu beaucoup de mal à trouver sa réponse. Le journaliste insiste : «Mais êtes-vous encore de gauche, François Hollande ?», a encore répété le journaliste au Président socialiste de la République.

Première tentative de réponse: «Je suis président de la République, je représente tous les Français.» Relance du journaliste: «Êtes-vous de gauche?» Deuxième ébauche de réponse: «Mon parcours, ma vie, mon engagement, mes choix sont toujours ceux qui permettent de respecter l’égalité, la dignité humaine et le progrès». Ce n’est qu’à la troisième question que M. Hollande concédera, finalement, que «toute [sa] vie est une vie d’un homme qui s’est engagé à gauche et qui le reste». Et de poursuivre: «Je suis toujours engagé comme je l’ai été mais je ne suis plus un militant.» (Dixit MSN)

Contesté par une partie des électeurs depuis qu’il a accédé à la présidence de la République, en 2012, François Hollande conclut : «Je suis le président de la République française qui doit agir en fonction de ses propres valeurs, de ses propres engagements, pour le bien du pays et en n’oubliant rien de ce que je suis, de ce que j’ai fait et de ce que je ferai demain, parce que mon engagement n’a pas changé». (Dixit, là encore MSN)

Ni convaincant pour lui-même ni pour le journaliste qui esquissait un long sourire, et moins encore pour l’auditoire. Car, tout le monde (les avertis et ceux qui le sont moins), s’interroge : N’est-ce pas sous son mandat que la gauche, disons le Parti socialiste sous la bannière duquel il a été élu Président de la République, que bien de virages pris sont aussi éloignés de la gauche que du socialisme ! N’est-ce pas sous ce même mandat que le PS a donné les pouvoirs, les plus larges et les moins contrôlés, à la police ! Et n’est-ce pas sous la République socialiste d’aujourd’hui qu’est entrain de se concocter la réforme du Code de travail (actuellement à l’agenda du parlement français) le plus à droite que le socialisme, même démocrate, même discret, n’ait jamais connu, et que le parterre de gauche et de droite tient en raillerie !

Voilà qui est dit. Des paroles aux antipodes des actes, pour paraphraser une autre émission qui fait les parallèles utiles pour éclairer l’opinion. Celle qui vote et l’autre qui a déserté les urnes, depuis que les valeurs politiques et idéelles n’ont plus aucune valeur.

Najib BENSBIA | ÉCLAIRAGES | 20/02/2016

 

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