Quand la religion se mêle de politique

Pape-Trump

Le pape met en doute la religiosité de Donald Trump, favori républicain des primaires US

En jugeant «qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne», faisant allusion à Donald Trump, candidat favori aux primaires républicaines américaines, le pape François a provoqué une tempête politique aux Etats-Unis.


COMMENTAIRE


Lemonde.fr, 19 | 02 | 2016 – Même si le pape n’a pas cité nommément Trump, l’allusion au favori de la campagne pour l’investiture républicaine, Donald Trump, était évidente. M. Trump consacre une partie importante de ses discours de campagne au « mur » qu’il souhaite ériger sur la frontière avec le Mexique, qu’il se fait fort de financer par les autorités mexicaines.

La réaction du magnat de l’immobilier, souvent tourné en ironie par ses rivaux républicains les plus conservateurs à propos d’un regain de religiosité qui coïncide avec la campagne des primaires, a été immédiate. « Qu’un responsable religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux », a-t-il protesté dans un communiqué. « Je suis fier d’être chrétien et, en tant que président, je ne permettrai pas que la chrétienté soit constamment attaquée et affaiblie. » M. Trump avait déjà estimé que « le pape est quelqu’un de très politique » et qu’« il ne comprend pas les problèmes de notre pays ». « Je ne suis pas sûr qu’il mesure le danger que représente [pour les Etats-Unis] cette frontière ouverte avec le Mexique », a-t-il souligné.

Trump soutenu par Rubio et Cruz

A quelques jours de la primaire républicaine en Caroline du Sud, le 20 février, où il fait figure de grand favori, M. Trump a reçu le soutien de deux candidats catholiques. Le sénateur de Floride Marco Rubio a assuré, en marge d’une réunion publique à Anderson (Caroline du Sud), qu’il n’existait pas de pays qui exprimait autant de compassion vis-à-vis des immigrés que les Etats-Unis. « Nous acceptons légalement un million de personnes par an, aucun autre pays le fait », a-t-il ajouté avant d’assurer que les Etats-Unis contrôlaient leurs frontières « comme le fait le Vatican, qui contrôle qui entre, quand et comment » sur son territoire.

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