Seuil électoral de nos faiblesses !

Depuis l’annonce de la date des législatives fixée au 7 octobre 2016, les partis, surtout d’opposition, montent au créneau, chacun pour sa raison propre que la Raison ne saurait réellement sonder. Ainsi, en est-il du seuil électoral, fixé à 6% depuis les dernières opérations électorales qu’à connues le Maroc avant la réforme constitutionnelle du 1er juillet 2011.

Najib BENSBIA | ÉCLAIRAGES -Le seuil électoral est généralement fixé pour éviter que des partis trublions – dont la base/structures est constituée du Chef, de sa petite famille et amis convaincus – gangrènent le politique. Il protège la représentation nationale au parlement de sombrer dans la quête de l’intérêt subjectif et des avantages irraisonnés liés au statut ‘’d’élu de la nation’’.

Un aveu de faiblesse convaincu

A l’occasion des réunions auxquelles a appelées le Chef du gouvernement (SG du PJD de son état partisan), plusieurs questions taraudent le parterre du système partisan marocain. Le seuil électoral minimum est, de loin, la pomme que tous les petits partis veulent croquer. Or, ce qui peut être normal de la part d’un PPS (Parti du Progrès et du Socialisme et Cie), ne devrait pas l’être pour un parti à l’histoire belle et enracinée dans le conscient collectif national comme l’USFP (Union socialiste des forces populaires).

Pourtant, par la voix de son Premier secrétaire, ce parti s’aligne sur la quémande du PPS pour exiger que ce seuil soit rapporté à 3% seulement. N’est-ce pas là un aveu de faiblesse convaincu ?! Car, en définitive, il faudrait être convaincu de n’obtenir qu’un résultat maigrichon pour revendiquer un seuil électoral aussi indigent.

Selon le Huffington Post de ce jeudi, c’est pourtant ce qu’a demandé l’USFP, à l’occasion des réunions citées supra, en ce sens qu’il chercherait, en compagnie du PPS notamment, à abaisser le seuil électoral à 3%. Revers de la médaille, et donc confiance en soi, le Parti de l’Istiqlal (PI) proposerait de le relever (seuil électoral) à 10%’’, alors que le PJD veut le maintenir au seuil actuel (6%).

L’USFP est-elle décidée à rester au bas de l’échelle du multipartisme marocain, au point de ne plus connaître sa véritable force auprès de l’électorat ? Cela semble plausible, à suivre la fuite en arrière qui se cache derrière cette miséreuse demande. Au lieu de travailler la base populaire qui lui reste pour la renflouer et l’enrichir, rallier à elle toute la mouvance de gauche (à condition de ne pas jouer au ‘’grand’’ méchant loup), le parti de Bouabid et Mehdi Ben Barka sombre dans la raillerie, en jouant au petit parti qui cherche à sauver les meubles. Et de meubles il n’y a plus que la nonchalance, en ce sens que de nombreuses forces – intellectuelles, économiques et sociales – l’ont déserté, à force de faux combats, de luttes délabrées de leadership et de querelles de personnes.

Il doit-être, en effet, de bonne effervescence électorale que le seuil de 6% reste le minimum exigé, pour qu’un parti politique puisse prétendre représenter une frange de la nation dans ce lieu qui légifère pour la bonne destinée du Maroc moderne, la Chambre des représentants.

Photo: Abderrahim Bouabid et Mehdi Ben Barka, leaders historiques de l’USFP.

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