Le 20 février prochain, une fronde contre le PJD ?

Une fronde contre le PJD ? Le 20 février en apportera la réponse. C’est ce qui semble se préparer le samedi 20 février prochain, qui risque d’être très chaud au Maroc. Pas en température Celsius, mais en effervescence oratoire et militante.

Najib BENSBIA |  ÉCLAIRAGES – En effet, la jeunesse du Parti de l’Istiqlal (PI) et de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), ainsi que plusieurs partis de gauche, ont annoncé leur intention de manifester en ce 20 février, en commémoration du déclenchement de la contestation en février 2011. Bizarrerie de l’Histoire, les manifestations prévues le 20 février prochain semblent être organisées, du moins côté PI et USFP, pour dire tout le mal qu’ils pensent du Chef de gouvernement et de son parti, le PJD.

L’appel à un nouvel esprit du 20 février est symbolique, en ce sens que le déclenchement du mouvement du 20 février, né en 2011, a mené à la réforme constitutionnelle du 1er juillet de la même année et à l’arrivée au gouvernement d’un parti islamiste, le Parti de la Justice et du Développement (PJD). ce nouvel appel, cinq ans après, est donc à considérer comme une véritable  fronde contre le gouvernement et son parti locomotive, le PJD.

Par-delà, en effet, la mobilisation des jeunesses des deux partis du mouvement national d’antan, il y a comme un air de fronde volontariste qui se dessine derrière les mots d’ordre lancés par les Chabiba PI et USFP. En fait, plusieurs partis politiques et ONG participeront également aux marches prévues en commémoration du 5e anniversaire du Mouvement du 20 février.

Par ailleurs, la jeunesse de l’USFP a invité ses militants à « adhérer concrètement à toutes les formes de militantisme et aux mouvements de protestation contre les atteintes aux acquis du peuple marocain », comme le relève le Huffington Post de ce matin, en émettant le vœu de voir renaître le Mouvement du 20 février.

Nouvel esprit du 20 février: Gauche et démocrates mobilisés

Outre la participation du Parti de l’avant-garde démocratique et sociale (PADS), ainsi que d’autres formations politiques de la gauche, notamment le Parti socialiste unifié (PSU), ces dernières adresseront vraisemblablement un appel à participation bientôt, souligne le même site. De son côté, l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) et l’Union des étudiants pour le changement du système éducatif (UECSE) auraient également lancé le même appel à leurs membres et militants.

A quelques mois des législatives prévues pour le 7 octobre prochain, la scène politique marocaine semble emportée par une vague effervescente déstabilisante. Outre cet appel à faire revivre l’esprit du 20 février 2011 et à la montée au créneau des partis d’opposition contre le gouvernement et le PJD en particulier, la majorité gouvernementale est on ne peut plus mal.

En effet, le week-end dernier a connu une feu croisé contre le PJD. C’est ainsi que, notamment, le principal allié du PJD au gouvernement, le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a vociféré contre le leader du parti islamiste. Le patron de ce parti a vilipendé le PJD et son patron, allant jusqu’à s’ingénier à nuancer entre le fait de  »coaliser » avec le PJD et  »s’allier » avec lui, soulignant que le RNI n’est pas l’allié du PJD. En fait, le RNI prépare déjà une vendetta contre son allié actuel, dans la perspective d’une nouvelle alliance, fort probablement avec le PAM, ennemi juré du PJD.

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