Maroc: Grève générale le 24 février

Pour quel impact ?

Quatre centrales syndicales (UMT, UGTM, CDT et FDT) ont annoncé, lors d’une conférence de presse organisée le 10/2/2016, le déclenchement d’une grève générale de 24 heures le 24 février 2016.

les 4 mousquetaires
Les 4 mousquetaires du  syndicalisme marocain

ECLAIRAGES  |  11/2/2016  |  Au-delà de son aspect purement politique, cette grève générale ne risque pas d’être suivie massivement, comme ce qui est habituel depuis quelques années, les mots d’ordre des syndicats (affiliés aux partis d’opposition) n’étant pas la tasse de café préférée des salariés, de manière générale, et des entreprises plus particulièrement.

Le motif de grève avancé par les syndicats concerne la réforme des retraites proposée par le gouvernement Benkirane. Ce projet, qui est actuellement dans le circuit législatif, n’est pas du goût de ces centrales, alors même qu’il est reproché au Chef de gouvernement son unilatéralisme. En effet, selon ces syndicats, celui-ci ne les aurait pas consulté au préalable en vue de recueilli leurs remarques et recevoir leurs propositions.

Dans un communiqué de presse commun des quatre syndicats, il est souligné que la décision de grève générale intervient après avoir épuisé toutes les initiatives et les démarches pour amener le Gouvernement à organiser des négociations collectives tripartites et après les mises en gardes adressées à l’Exécutif à travers l’organisation de meetings et de grèves, ainsi qu’après ‘‘l’assombrissement de tous les horizons avec le Gouvernement’’, expliquent ces syndicats.

Il est à noter que la grève générale devrait toucher les secteurs privé et public, les entreprises et organismes publics et semi-publics, les collectivités locales ainsi que les services.

Le gouvernement Benkirane avait adopté la 1ère semaine de janvier 2016 un projet de loi modifiant et complétant la loi du régime des pensions civiles gérées par la Caisse marocaine des retraites (CMR), comme le rappelle Jeune Afrique (Dans son édition du 13 janvier dernier). Il s’agit d’une réforme censée viabiliser ce régime de retraite qui affichera selon, le ministre des Finances, un déficit de 8,6 milliards de dirhams (775 millions d’euros) en 2016. 

La réforme concerne le prolongement de l’âge de départ à la retraite à 63 ans d’ici 2019, alors que l’âge actuel de la retraite est 60 ans. Il à noter que cette réforme touche un autre point sensible, l’augmenter de 4 points les cotisations de l’État et de ses adhérents pour les porter à 24 % du salaire de base les 4 prochaines années.

 

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