Religions et sociétés

Le Grand écart

La religion, les religions, sont des symptômes ou des reflets d’autre chose, d’une misère ou d’une incomplétude sociales. En démocratie européenne, française notamment, la gauche regarde les croyants avec des lunettes qui rendent impossible la compréhension juste des religions en tant que phénomènes à la fois autonomes et dynamiques, ayant une logique et une puissance propres, capables de donner une énergie sans limites à des témoins prêts à mourir pour leur cause, dans des combats destructeurs et autodestructeurs.

ESPRIT – Février 2016 / Dans un livre surprenant, qui vient de paraître1, Jean Birnbaum, qui préside aux destinées du Monde des livres, renverse une doxa qui a valeur de dogme dans la gauche française (et même au-delà d’elle) : la religion, les religions, sont des symptômes ou des reflets d’autre chose, principalement, dans la tradition marxiste, d’une misère ou d’une incomplétude sociales. En démocratie, ces lunettes n’empêchent certes pas la gauche, qui porte aussi la tradition laïque, d’assurer pleinement la liberté religieuse, de marquer son respect aux croyants, de s’assurer même le soutien des religions. Elles rendent impossible, en revanche, l’appréhension juste des religions en tant que phénomènes à la fois autonomes et dynamiques, ayant une logique et une puissance propres, capables de donner une énergie sans limites à des témoins prêts à mourir pour leur cause, dans des combats (le djihad) destructeurs et autodestructeurs.

Le dossier réalisé par la revue française Esprit, dans son numéro de février, présente des facettes diverses de cette «énergétique du croire» : la transformation des rapports entre foi et culture et ses conséquences pour la place des religions dans les sociétés sécularisées d’Europe, une proposition pour repenser les liens et les équilibres entre les masses religieuses et la vie politique (en France), le sens du croire dans une société souvent qualifiée de « nihiliste ».

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