Retraites parlementaires

L’ État met fin à sa contribution ?

Najib BENSBIA |  ÉCLAIRAGES – D’après des informations publiées par le360, l’Etat ne contribuera plus à la retraite des parlementaires. Nizar Baraka, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental aurait fait cette déclaration, le 5 février dernier, lors d’une réunion avec les experts de l’Institut Brookings, Think-tank américain spécialisé en analyse économique, politiques urbaines et gouvernance.

La retraite des parlementaires et des ministres avait fait polémique ces dernières semaines, alimentée par la déclaration de personnalités politiques, notamment la ministre chargée de l’eau (socialiste de son état partisan), qui estime que ce gros pécule, alloué aux parlementaires à la retraite, était  »jouj rial » (2 sous) !

Alors que les ministres continueront de toucher une retraite, les parlementaires ne bénéficieront plus de la contribution de l’Etat. Si cette information est vérifiée, cela constituerait une consolation aux dizaines d’internautes qui avaient enflammé la toile à ce propos, s’élevant contre ce gaspillage, au moment où le pays s’endette allègrement, alors que les caisses de retraites, financées par la force de travail de millions de salariés, sont à l’orée d’un défaut de paiement généralisé.

Selon le360 en date du 7/2/2016, face parfois aux doutes émis par les représentants de l’Institut Brookings autour de la «sincérité» des réformes engagées par le royaume depuis cinq ans, Nizar Baraka a dégainé l’argument massue en annonçant que l’Etat allait se désengager des pensions des parlementaires a-t-il souligné,-il, en réponse à la réaction populaire autour du niveau de retraites que perçoivent les élus.

La retraite ministre/parlementaire

En guise de retraite, relevait Tel Quel (le site) dans son édition du 28 / 1 / 2016, les ministres ont le droit à un revenu complémentaire. Celui-ci doit leur permettre d’avoir un revenu mensuel de 35 000 dirhams par mois et doit être demandé par les ministres sortant auprès du chef du gouvernement. Cela signifie que si un ministre perçoit un revenu mensuel de 20 000 dirhams par mois, il recevra 15 000 dirhams mensuels au titre de son revenu complémentaire. Autre cas de figure, si un ministre perçoit 10 000 dirhams par mois, il recevra 25 000 dirhams au titre de ce revenu. Morale de la retraite, si le ministre sortant n’a aucun revenu, il percevra 35.000 dirhams/mois !

La pension parlementaire est de 1 000 dirhams pour chaque année passée dans l’hémicycle selon une source au sein du parlement. Le plafond de cette pension étant de 20 000 dirhams mensuel. Cela signifie que même si un élu a passé, par exemple, 32 ans au parlement, il verra sa pension limitée à 20 000 dirhams par mois, précise le même site.

Rappelons que «la polémique à deux sous» fait référence aux mots utilisés par une ministre du gouvernement Benkirane le 15 décembre, comme le soulignait jeune Afrique dans son édition du 6/1/2016. Choqués par ce manque d’égard face à la réalité du pays, les Marocains ont condamné ces propos. Certains ont appelé à la suppression des retraites des parlementaires et des ministres, considérées comme une rente en ces temps d’austérité budgétaire. Et, bien évidemment, les partis politiques s’en sont mêlés. Aucune communication officielle n’est venue trancher un débat qui anime l’opinion publique depuis plus d’un mois.

La déclaration de Nizar Baraka règle à moitié le problème (retraite des parlementaires), en attendant ce qui sera fait de celle des ministres.

 

Les propos de la ministre en vidéo

 

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