Déchéance de la nationalité

Cet Etat qui veut se débarrasser de ses nationaux ?

La  »déchéance pour tous » ou pour les  »binationaux » qu’importe, que prône le gouvernement Valls/Hollande, sonne la valse de la supercherie malveillante.

Najib BENSBIA |  ÉCLAIRAGES – A quoi servent le Code pénal et les lois anti-terroristes, qui grouillent dans l’arsenal normatif des Etats, si à chaque déviation criminelle de leurs ressortissants, on les déchoit de leur nationalité ?

Car, en définitive, si les USA, le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et les autres décident, au lieu de faire appliquer la loi pénale pour réprimer ces êtres malveillants qui recourent au terrorisme, de déchoir leurs citoyens de leur appartenance nationale, la loi pénale anti-terroriste est à mettre à la poubelle, l’Etat de droit aux orties de l’Histoire et la citoyenneté pérenne aux confins de l’hérésie humaine.

Le courage, ou plutôt la décence identitaire voudrait qu’un criminel soit traité comme tel, et de manière plus impitoyable ceux qui font du meurtre de masse organisé leur pain quotidien. La France, comme tous les autres pays heurtés par ce fléau des temps de désarroi, devrait comprendre qu’à crime exceptionnel, châtiment équivalent. Ni plus, ni moins.

Le terrorisme est une plaie pourrissante qui devient une pratique d’Etat. Croire que la déchéance de la nationalité en est la réponse adéquate, qu’elle réglera les choses, ou poussera des Français (outrés, désespérés ou simplement manipulés…) à ne pas franchir le pas terroriste est un leurre. Cela est une certitude.

Il serait plus rationnel et mieux réfléchi que les dirigeants des Etats fassent marcher les instances de répression du crime, en outillant les forces de répression de ce fléau inique de la logistique efficiente. Cela en termes de mobilisation rapide, d’armes et moyens intégrant l’économie digitale de haute performance, de veille web instantanée et de tous les ressorts d’information on time.

La guerre contre les terroristes suppose, exige de réfléchir comme ceux qui commettent ces actes infâmes et inqualifiables. Pour les combattre sur leur propre terrain, selon leur logique implacable et en efficacité équivalente, sinon supérieure. Le tout dans le respect de ce qui fait la différence – notre différence – avec ce barbarisme des temps modernes.

Le reste, c’est-à-dire déchéance et Cie, est de la poudre aux yeux qui ne fait pas – et ne fera pas – peur à ces criminels de masse à l’échelle mondiale.

Alors, de grâce, évitons de travailler pour créer une nouvelle aire no man’s land qui réunirait tous les terroristes du monde !

Photo à la Une : Jonathan Stutz / Pèlerin.com – Fotolia.com

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France : Manuel Valls confirme la «déchéance pour tous»

Le Figaro du 05/02/2016 – La messe est dite. Ce vendredi matin face à l’Assemblée nationale, Manuel Valls a décortiqué l’ultime version du projet de révision constitutionnelle portant sur l’état d’urgence et surtout, la déchéance de nationalité. Et le mot d’ordre a été donné: l’article 2 du projet, qui porte sur la déchéance, concernera «tous les Français». Aucune mention ne sera faite de la binationalité. «La déchéance de nationalité est la réponse collective des Français à d’autres Français», ont résumé le premier ministre puis le président socialiste de la commission des lois, Dominique Raimbourg, face aux députés présents.

Un choix clivant, mais qui aurait été adopté en bonne entente avec l’Élysée. «Avec le président de la République, nous avons beaucoup écouté, beaucoup consulté», a assuré Manuel Valls, avant d’ajouter que l’amendement sur la déchéance était «le fruit de ce dialogue». «Cet amendement inscrit donc au cœur de la Constitution le principe de l’égalité de tous devant l’exigence républicaine», a-t-il déclaré.

Une opposition qui ne faiblit pas

Cette orientation rencontre pourtant une opposition de plus en plus forte à droite comme à gauche. Chez les Républicains, plusieurs ténors ont affiché leur désapprobation d’une «déchéance pour tous». Notamment Nathalie Kosciusko-Morizet et François Fillon qui, avec plusieurs parlementaires de l’opposition, ont manifesté leur intention de voter contre le texte. Leur chef, Nicolas Sarkozy, a fait comprendre sur Des paroles et des actes ce jeudi que le soutien à la révision constitutionnelle n’irait pas de soi si la déchéance créerait des apatrides. «On verra ce que nous déciderons», avait-il prévenu.

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