Davos, ce lieu d’oisiveté cher payée !

Un forum presque gratos, forcément inutile en ces temps de bouleversements pluriels. A la limite provocateur, quand on sait qu’on y dépense quelques 200 millions d’euros chaque année pour que les richissimes Etats du monde y viennent papoter et s’en aller.

Les  »Grands » de cet Univers viennent en janvier de chaque année à Davos (voir infra ce qu’est cette localité suisse) pour s’y serrer la main, se dire qu’il est bon vivre avec l’argent des autres puis on se promet de se revoir l’année d’après, sauf pour ceux qui auraient été balayés par le vote soi-dit populaire. Quand ce beau monde s’en va, la terre continue de tourner, la pauvreté poursuivre sa bonhomie étouffante et la violence gagner un peu plus de terrain.

A plus Davos !

Davos, c’est quoi ?

Chaque mois de janvier, la petite commune de Davos, dans l’est de la Suisse (12 000 habitants en temps normal), se transforme pendant quelques jours en centre économique scruté par le monde entier. Le Forum économique mondial, qui débute mercredi 20 janvier et se tient jusqu’à samedi, attirera cette année 2 800 personnalités, dont de nombreux chefs d’Etat ou de gouvernement et des dirigeants de grands groupes. Manuel Valls, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, son homologue britannique, David Cameron, ou encore la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, feront entre autres une apparition lors de cette édition 2016.

Qui organise le Forum ?

C’est une fondation à but non lucratif qui est à l’origine du Forum économique mondial, dont elle porte le nom (« World Economic Forum » en anglais, WEF). Fondée en 1971 par un économiste allemand, Klaus M. Schwab – qui préside encore l’organisation –, elle est financée par le millier de grandes entreprises qui en sont membres. On trouve parmi elles, pêle-mêle, ArcelorMittal, Google, Facebook, les français Total, Publicis, Sanofi, Engie, Veolia…

Décrite comme « indépendante » et « impartiale » dans ses statuts, elle compte près de 500 employés et est dirigée par un « conseil de la fondation » qui compte 23 membres, dont la Française Christine Lagarde. Son rôle premier est d’être le « gardien de la mission, des valeurs et de la marque » de la fondation, de décider de la stratégie de l’organisation, de nommer de nouveaux membres, etc. Bien que le règlement de la fondation affirme que le conseil doit « tendre vers la parité », il ne compte que six femmes pour le moment.

Qui est présent et de quoi parlent-ils ?

Le but du Forum, depuis sa première édition en 1971, a longtemps été de promouvoir un modèle de management européen – il s’appelait d’ailleurs « European Management Forum » jusqu’en 1987, date à laquelle il est devenu le « Forum économique mondial ». Son fondateur, Klaus M. Schwab, était impressionné par le modèle américain, notamment dépeint dans Le Défi américain du Français Jean-Jacques Servan-Schreiber.

Quelque 400 chefs d’entreprise européens ont participé à la première réunion dans la petite station de Davos, choisie pour son isolement, sous le parrainage de la Commission européenne.

Selon l’article 3 de ses statuts, la fondation œuvre pour « améliorer l’état du monde » via « les collaborations entre public et privé ». Dans ce but, ses membres « identifient des problèmes au niveau mondial, régional et industriel, cherchent des solutions et, quand c’est possible, créent des partenariats pour agir ».

Chaque année, plusieurs thèmes sont sélectionnés pour les nombreuses conférences : lors de l’édition 2015 la « quatrième révolution industrielle », la situation économique de la Chine ou encore le développement durable. Outre des dirigeants d’entreprises et des chefs d’Etat et de gouvernement, des représentants de la société civile (ONG, universitaires, responsables religieux, personnalités du monde de la culture, etc.) seront également présents.

Combien ça coûte ?

La Fondation qui organise le Forum dispose d’un budget annuel d’environ 200 millions de francs suisses (près de 200 millions d’euros). Un peu plus de la moitié est consacrée à l’organisation des forums (celui de Davos étant le principal, mais pas le seul), tandis que l’autre moitié sert à la rémunération du personnel, selon le rapport annuel 2013-2014.

par la Fondation.

Lire plus : Qu’est-ce que le Forum de Davos

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